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Médaille Massey

Lauréat 2009 - Michael Church

Michael Church. (Photo : Darrell Lecorre)

Au gré du courant
Cet automne, Michael Church (ci-dessus) chargera des instruments scientifiques sur un radeau et descendra le Fraser et ses dangereux canyons, de Quesnel jusqu’à Vancouver, en Colombie-Britannique. Son objectif? Éclairer le débat sur le gravier.

Les habitants des berges du bas Fraser craignent que l’accumulation de gravier et de sédiments laissée par le fleuve qui serpente jusqu’à l’océan Pacifique n’augmente les risques d’inondation. Ils sont en faveur des travaux d’enlèvement de gravier à grande échelle. D’autres soutiennent que l’extraction d’une trop grosse quantité de gravier menacerait l’un des habitats du saumon les plus riches de la planète.

Pour connaître la quantité de gravier qu’on peut enlever sans nuire à l’environnement, explique M. Church, il faut d’abord déterminer la quantité de dépôts dans la voie navigable. « Cette information n’est connue que pour un très petit nombre de tronçons d’un très petit nombre de cours d’eau dans le monde », déclare le géomorphologue fluvial — spécialiste de la manière dont les cours d’eau façonnent le paysage — et professeur émérite de l’Université de la Colombie-Britannique.

Au cours de ce voyage en radeau, M. Church mesurera le débit fluvial du fleuve Fraser et analysera les sédiments pour déterminer si les récents dépôts de gravier, en aval, résultent de l’exploitation des placers durant la ruée vers l’or au XIX e siècle et du dynamitage ayant précédé la construction des premières routes et des premiers chemins de fer. « Si nous pouvons montrer qu’il s’agit là d’une possibilité raisonnable, il faudra vraiment repenser le plan d’aménagement que la Colombie-Britannique a adopté pour enlever du gravier dans le fleuve, dit-il. » (La province a mis en place un programme permanent d’extraction du gravier et des sédiments dans le bas Fraser .)

Les travaux scientifiques rigoureux et stimulants de M. Church ont été récompensés en 2009 par la Médaille Massey, qui souligne des réalisations personnelles exceptionnelles en géographie du Canada. Remis pour la première fois par le gouverneur général Vincent Massey en 1959, ce prix est administré par la Société géographique royale du Canada.

C’est en partie grâce à M. Church que « la géomorphologie fluviale est passée de discipline descriptive à science analytique », affirme Chris Burn, professeur de géographie de l’Université Carleton d’Ottawa et un des vice-présidents de la Société, qui connaît M. Church depuis plus de 20 ans. « Il est brillant : il va droit au cœur d’un problème et peut l’expliquer aux gens dans des termes qu’ils comprennent. »

M. Church a apporté son expertise à bon nombre de débats sur la gestion des ressources. Dans les années 1990, il a contribué à la rédaction d’un nouveau code de pratique pour la gestion des forêts de la Colombie-Britannique, considéré à l’époque comme l’un des textes législatifs les plus avant-gardistes de la planète dans le domaine de l’environnement. Pendant 40 ans, M. Church a étudié les effets du barrage W.A.C. Bennett sur la rivière de la Paix, dans le nord de la Colombie-Britannique. Sa conclusion est surprenante. « Ça prendra au moins 1 000 ans, estime-t-il, pour que la rivière de la Paix s’adapte complètement à un détail aussi infime qu’un barrage dans l’ordre naturel des choses. »

— Monique Roy-Sole

« Lauréat 2008 Lauréat 2010 »

« Dans mon enfance, j’entendais souvent parler de l’aciérie de Sydney, des mares de goudron et de la controverse entourant leur décontamination. Plus je lisais et j’apprenais de choses, plus ma curiosité grandissait. Cela me semblait un sujet d’étude tout indiqué. »

— Hannah MacDonald,
Université Mount Allison
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