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printemps 2011

Arctique, quand tu nous tiens


Jerry Kobalenko
L’obsession revêt différentes formes. Cela dit, en général, la plupart des gens qui en sont la proie ne passent pas des semaines entières à tirer un traîneau de 100 kilos dans certains des endroits les plus froids et les plus reculés de la Terre. Mais Jerry Kobalenko, auteur et photographe de 53 ans établi à Canmore, en Alberta, n’est pas le premier venu. Au cours des 27 dernières années, il a parcouru dans le Haut Arctique plus de kilomètres sans moyen motorisé que n’importe quel autre être humain vivant. Cet exploit en fait l’émule des explorateurs Fridtjof Nansen et Roald Amundsen, du légendaire guide groenlandais Nukapinguaq et d’une poignée de patrouilleurs pratiquement inconnus de la GRC qui, accompagnés de leurs guides inuits, ont franchi des distances prodigieuses en traîneaux à chiens dans les années 1920 et au début des années 1930 pour établir la souveraineté du Canada dans l’Arctique. « Ils traversaient les trois quarts de l’Arctique puis revenaient au cours de la même saison, et donnaient l’impression que c’était facile, déclare Jerry Kobalenko. Ça, c’étaient des voyageurs. »

La « carrière arctique » de Jerry Kobalenko a débuté en 1984. Le jeune aventurier, alors âgé de 27 ans, a effectué une excursion hivernale de 600 kilomètres dans le centre du Labrador, histoire de tâter du traîneau en solitaire dans des conditions extrêmes. Ce premier voyage de 46 jours lui a permis d’explorer les îles d’Ellesmere, Axel Heiberg et Devon, au Nunavut. Depuis, il est captivé par la région, ses montagnes enneigées, ses champs de glace sans fin, ses glaciers, ses fiords et ses prairies, qu’il présente dans ses livres Arctic Eden et The Horizontal Everest et dont une bonne partie se trouve dans le parc national Quttinirpaaq, sur l’île d’Ellesmere. Dès qu’il le peut, Jerry Kobalenko — déjà 35 expéditions au compteur et ce n’est pas fini — s’envole vers l’Arctique pour photographier le paysage et la faune, chercher des cercles de tentes préhistoriques paléoesquimaudes et méditer sur les cairns et les cabanes délabrées, vestiges d’expéditions antérieures.

Le 27 avril, à Ottawa, Jerry Kobalenko relatera les aventures qu’il a vécues dans l’Arctique canadien et certains de ses parcs nationaux à l’occasion d’une conférence organisée par la Société royale du Canada.

Qu’est-ce qui attire Jerry Kobalenko dans le Grand Nord? Ni la gloire ni la fortune que d’autres y ont cherchées, mais d’abord et avant tout l’expérience de la solitude dans un paysage d’une beauté austère. Étant donné les splendeurs naturelles de la région, dont un soleil qui demeure au-dessus de l’horizon jour et nuit d’avril à la fin d’août, Jerry Kobalenko se dit à la fois amusé et découragé par l’indifférence que manifestent envers les expéditions polaires un grand nombre de voyageurs en chambre qui ne s’intéressent qu’aux destinations traditionnelles bien connues.

« Pour le public et le milieu de l’expédition, il semble n’exister que deux régions polaires, le pôle Nord et le pôle Sud, toutes les autres étant insignifiantes, déplore Jerry Kobalenko. Pourtant, j’ai parcouru des dizaines de milliers de kilomètres dans l’Arctique et je n’en ai visité qu’une infime partie. Je pourrais y passer plusieurs existences sans jamais suivre le même itinéraire. »

— Alec Ross



Pour en savoir davantage sur Jerry Kobalenko :
• Programme de conférences, printemps 2011: À la receherche de l’éden arctique



«  Nanuk (mot inuit qui signifie ours blanc) symbolise l’Arctique plus que tout autre animal. Comme le paysage environnant, l’ours blanc impressionne tant par sa taille que par sa beauté brute »

— Ian Stirling, chercheur scientifique émérite, Environnement Canada
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