Programme d’expéditions
Des Australiens intrépides
Photo : www.1000hourday.com
Après 70 journées harassantes, deux jeunes aventuriers australiens,
Chris Bray (24 ans) et Clark Carter (23 ans), ont terminé en août 2008
la première traversée sans aide de l’île Victoria. L’île
Victoria, à cheval entre le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest, demeure en
bonne partie inexplorée.
À l’aide d’un minuscule ordinateur portable et d’un
téléphone satellitaire, Bray a relaté toutes les étapes
de son périple sur son site Web. Le message qu’il
expédiait le troisième jour décrivait la rencontre des deux
hommes avec le « terrain de la mort », le charmant surnom
qu’ils ont donné aux champs de rochers déchiquetés
et éclatés par les glaces (voir ci-dessus) qui avaient constitué un
de leurs principaux défis, lors de leur tentative initiale il y a trois
ans, qu’ils avaient dû abandonner après 58 jours en raison
du froid extrême, des vents violents et d’autres problèmes.
Cette année, armés de leur expérience, les deux intrépides
aventuriers sont retournés à l’île Victoria, ont déterré le
drapeau australien qu’ils avaient enfoui pour marquer leur point d’arrêt,
et ont entrepris de terminer leur voyage.
Au lieu de tirer des kayaks à roues qu’ils mettaient à l’eau
pour traverser les plans d’eau, ainsi qu’ils avaient fait lors de
leur périple précédent, ils se sont attelés à deux
chariots amphibies tout-terrain de leur conception, en les équipant de
roues de 1,5 m de diamètre faites de chambres à air de
tracteur recouvertes d’un tissu pare-balles. Les chariots à deux
roues étaient conçus de façon à rouler par-dessus
les gros obstacles, à s’unir pour flotter comme un radeau et à servir
de campement portable.
En partie grâce à une subvention de la SGRC , l’expédition
de cette année a continué de jeter sur cette région éloignée
un extraordinaire éclairage, dont on avait eu un aperçu en 2005
quand Bray et Carter avaient découvert d’anciens artefacts, notamment
des outils en os et des cercles de tente en pierres. Tout en respectant leurs
strictes directives de ne pas perturber les sites, ils en ont noté la
localisation exacte à l’aide d’un GPS, ont pris des photographies
et communiqué l’information à la Kitikmeot Heritage Society,
de Cambridge Bay au Nunavut. « Ils étaient enchantés,
puisqu’ils n’ont aucune donnée sur certains de ces secteurs »,
a écrit Bray dans un courriel expédié depuis l’île
Victoria.
Un des aspects les plus satisfaisants de cette expédition, selon Bray, était
de demeurer en communication avec des gens partout dans le monde, y compris des étudiants
australiens qui ont suivi le trajet des aventuriers dans le cadre de leur programme
d’études. Il admet avoir été principalement aiguillonné par
son esprit d’aventure personnel, tout en espérant que le partage
de son expérience incitera d’autres personnes à l’imiter. « Nous
pourrons peut-être contribuer à attirer l’attention des gens
sur ce type d’endroits extraordinaires et inexplorés dont vous,
les Canadiens, avez encore des exemples dans votre propre cour arrière »,
signale Bray. « En révélant à quel point ces
lieux spéciaux ne sont pas perturbés et spéciaux, nous espérons
encourager un peu plus les gens à se préoccuper davantage de leur
environnement qui mérite d’être protégé. »
— Shawna Wagman
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