Programme d’expéditions
Waterworld: The First Exploration of Nameless Waterways in the Hudson Bay Lowlands
Adam Shoalts et Brent Kozuh
Photo : Adam Shoalts
Il s’en est fallu de peu
En canot sur une rivière des basses terres de la baie d’Hudson, dans le Nord ontarien en août dernier, Adam Shoalts a repéré un curieux rocher blanc qui émergeait de l’eau. Mais la masse a bougé, grogné puis montré ses dents : c’était un énorme ours blanc mâle, qui est passé à 12 m de l’avironneur. Shoalts (ci-haut), qui voyageait seul, a été forcé de troquer sa caméra vidéo pour son fusil.
« Mon arme était chargée, j’ai visé, mais la dernière chose que je voulais, c’était d’abattre un ours blanc, dit M. Shoalts, de Fenwick en Ontario. Heureusement, l’ours est resté sur place, et le courant a emporté mon canot loin de lui. Mais j’ai vécu dix minutes assez intenses. »
M. Shoalts était parti en expédition pour 23 jours, avec l’aide de la Société géographique royale du Canada. Il s’est rendu sur une rivière si perdue qui n’a même pas de nom. Ce diplômé en histoire et amateur de plein air de 25 ans avait choisi son itinéraire après beaucoup de recherche.
« J’ai essayé de trouver des lieux aussi inexplorés que possible en ce début de 21e siècle, dit-il. Les basses terres de la baie d’Hudson étaient en tête de liste pour moi, parce que c’est la troisième zone humide en importance dans le monde. Il s’agit essentiellement d’un dédale de tourbières, donc un terrain très difficile. »
L’expédition s’est révélée si ardue que son compagnon a abandonné au bout de 10 jours. Adam s’est entêté malgré le froid, la pluie et une mauvaise blessure au pouce. Il est arrivé 13 jours plus tard sur les bords de la baie d’Hudson.
« Ces expéditions me donnent un aperçu des voyages de découverte du passé », dit le jeune explorateur, qui prévoit faire une thèse de doctorat sur l’histoire des explorations au Canada. « Mon travail ne sera pas entièrement théorique. »
— Monique Roy-Sole
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