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Subventions à la recherche

Bénéficiaire de la bourse d’études Maxwell 2007 - Alana Ramsay

Prisonniers de la forêt
En 2005, lors d’une excursion en canot au nord d’Atikokan (Ontario), à 200 km à l’ouest de Thunder Bay, Alana Ramsay est tombée sur les vestiges d’un camp de bûcherons où ont œuvré des prisonniers allemands durant la Seconde Guerre mondiale. Les bâtiments dilapidés et la machinerie et les outils rouillés témoignaient d’un chapitre obscur de l’histoire du Canada en guerre : l’internement de 38 000 prisonniers, dont bon nombre dans des camps isolés répartis çà et là en Ontario, au Québec et en Alberta.

Cependant, lors d’un échange de ce type, un étudiant lui a posé une question qui a éclipsé tous ses problèmes. « La météo s’acharne sur nous, nous prenons du retard, nous sommes stressés parce que les choses ne se déroulent pas comme prévu, et cet étudiant nous demande : « Comment faites-vous pour aller uriner? », se rappelle Coleridge en riant. « C’est là que nous nous sommes mis à rire, et à réaliser que le monde est beaucoup plus simple que les situations complexes que vous créez dans une expédition de cette envergure. »

Mme Ramsay, qui étudie la géographie à l’Université Queen’s à Kingston (Ontario), consacre sa thèse de maîtrise à cette découverte. Avec l’aide d’une bourse d’études Maxwell en géographie humaine de 5 000 $, décernée annuellement par la Société géographique royale du Canada, elle étudie le rôle des prisonniers de guerre allemands dans les camps forestiers du nord-ouest ontarien.

Son expédition Summits of Canada (« Sommets du Canada »), financée en partie par la SGRC, l’a amené au sommet du mont Columbia en Alberta, de la crête Ishpatina en Ontario, au Temagami, et le mènera bientôt à un pic sans nom des Territoires du Nord-Ouest, qu’il espère baptiser officiellement avec l’aide des Premières Nations et du gouvernement territorial.

De 1 800 à 2 000 prisonniers de guerre allemands ont travaillé comme bûcherons, et ainsi atténué la pénurie chronique de main-d’œuvre causée à l’industrie forestière par l’effort de guerre. Mme Ramsay examine l’impact économique des prisonniers, leur relation avec le paysage rébarbatif et la façon dont ils l’ont modifié. « Je souhaite savoir comment ils ont interagi avec le milieu lorsqu’on les a débarqués au milieu de nulle part, dans le nord-ouest de l’Ontario. »

Il semble que cette expérience canadienne ait malgré tout incité beaucoup d’entre eux à revenir au Canada après leur rapatriement en Allemagne, à l’issue de la guerre. Une étude indique que près du quart des prisonniers de guerre ont fini par immigrer au Canada, quoique ces données n’aient pas encore été confirmées par Mme Ramsay. Elle est particulièrement intriguée par le fait que beaucoup ont choisi de retourner dans le nord-ouest de l’Ontario pour s’y établir. « Pour moi, c’est là une question très intéressante et paradoxale : pourquoi un prisonnier de guerre choisit-il de retourner non seulement au Canada, mais bien à l’endroit même où il a été détenu contre son gré. »

Mme Ramsay souhaite approfondir ce thème en interrogeant les quelques anciens prisonniers qui vivent toujours dans la région de Thunder Bay et en poursuivant ses recherches sur place dans d’anciens camps forestiers répartis à l’intérieur d’une vaste région qui s’étend du lac Nipigon, sur la rive nord du lac Supérieur, jusqu’au lac des Bois près du Manitoba. Elle souligne la relative urgence de son étude, puisque les anciens prisonniers survivants ont maintenant dépassé les 80 ou même 90 ans. Elle aimerait également localiser et répertorier le plus grand nombre possible de camps avant qu’ils ne soient complètement envahis par la forêt.

— Monique Roy-Sole (Canadian Geographic, Inside Story, Novembre/Décembre 2007)



Le pouvoir de l’écrit

Des prisonniers de guerre allemands font la pause dans un camp de bûcherons du nord-ouest de l’ Ontario.
(Photo : Thunder Bay Historical Museum Society)
Pendant les mois qui ont suivi la parution dans le Canadian Geographic d’un reportage consacré aux recherches menées par Alana Ramsey sur les prisonniers de guerre allemands ayant travaillé dans les camps de bûcherons du nord-ouest de l’Ontario (The Inside Story », décembre 2007), nous avons reçu de nombreuses lettres qui nous ont été expédiées par d’anciens prisonniers de guerre souhaitant raconter leur aventure, et par d’autres acteurs de cette tranche d’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

« L’article a suscité une réaction incroyable », affirme Alana Ramsey, qui, pour sa thèse de maîtrise à l’Université Queen’s de Kingston en Ontario, a interviewé plusieurs des individus ayant écrit ces lettres. En plus d’anciens prisonniers de guerre, elle a interrogé un ancien garde de camp de prisonniers, des hommes ayant travaillé dans des camps durant leur adolescence et des résidents locaux qui se remémoraient leurs rencontres avec ces prisonniers, sur le chemin de l’école.

Tous les prisonniers de guerre à qui elle a parlé sont retournés au Canada après leur rapatriement en Allemagne à la fin de la guerre. « Dès leur départ du Canada, ils ont tenté d’y retourner », indique Alana Ramsey, qui a présenté les résultats de ses recherches en novembre à l’assemblée générale annuelle de la Société géographique royale du Canada. « Ils n’avaient que des bons mots sur les endroits où ils ont travaillé. La quasi-totalité d’entre eux sont retournés occuper des emplois rémunérés dans les camps forestiers où ils avaient été internés. »

— Monique Roy-Sole (Canadian Geographic, Inside Story, Décembre 2008)


« Dans mon enfance, j’entendais souvent parler de l’aciérie de Sydney, des mares de goudron et de la controverse entourant leur décontamination. Plus je lisais et j’apprenais de choses, plus ma curiosité grandissait. Cela me semblait un sujet d’étude tout indiqué. »

— Hannah MacDonald,
Université Mount Allison
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