Subventions à la recherche
Bénéficiaire de la subvention à la recherche 2008
Nicole d’Entremont
Mount Allison University
Cancer dans les bois?
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| Photo : Mary McQuaid |
Les émissions d’une usine de pâtes, d’une fabrique
de pneus et d’une centrale provinciale au charbon contribuent toutes à créer
l’espèce de soupe chimique qui plane au-dessus du comté de
Pictou, à quelque 160 kilomètres au nord-est d’Halifax,
en Nouvelle-Écosse. Cette région de 46 500 habitants
connaît un taux du cancer de la prostate qui est de 24 p. 100 supérieur à la
moyenne provinciale.
Nicole d’Entremont, fraîchement diplômée en
sciences physiques de l’Université Mount Allison de Sackville,
au Nouveau-Brunswick, étudie les anneaux des arbres pour déterminer
s’ils présentent des signes de cancer, tels qu’une augmentation
de la division cellulaire. Après tout, les arbres de la région
sont exposés aux mêmes conditions environnementales que les
humains.
L’été dernier, grâce à une subvention
de La Société géographique
royale du Canada, Nicole (ci-dessus) s’est aventurée dans
les bois du comté de Pictou pour y prélever des carottes
sur des arbres croissant à différentes distances des usines.
Elle a ensuite soumis ses échantillons à la cytométrie
de flux, une méthode généralement employée
en oncologie, mais rarement pour les végétaux.
Dans la cytométrie de flux, un liquide contenant des cellules
passe à travers deux contenants pressurisés. La quantité est
si infime que le faisceau d’un laser peut illuminer une cellule à la
fois, donnant aux scientifiques la possibilité de l’examiner
et de déterminer le nombre de divisions qui, s’il est excessif,
peut indiquer un cancer.
Mais les cytomètres de flux coûtent cher et sont conçus
pour les cellules animales, et non végétales. « Il
est très difficile de mettre des cellules d’arbres en suspension
dans un liquide », observe Nicole. Nullement découragée,
la jeune femme a construit son propre cytomètre de flux avec l’aide
d’un de ses professeurs. Actuellement, elle élabore une méthode
d’analyse applicable à différentes essences d’arbres
qui lui servira à produire les résultats de son étude.
— Marielle Picher
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