La Société géographique royale du Canada
  
Mieux faire connaître
le Canada aux Canadiens
et au monde entier.







Éditeurs de Canadian Geographic et géographica


 

Au sujet de la Société géographique royale du Canada

Traversée de l’île d’Ellesmere, au Nunavut (Photo : John Dunn)

80e anniversaire : Pleins feux sur le Nord


Depuis 80 ans, la SGRC est un élément moteur dans l’Arctique canadien
Mary Vincent, avec l’aide de Wendy Simpson-Lewis pour la recherche

Canadian Geographical Journal
Lorsque Charles Camsell a fondé la Canadian Geographical Societyen 1929, son ambition était audacieuse : faire de l’organisme éducatif un chef de file pour informer les Canadiens sur la géographie de leur pays. Pour Camsell, la découverte de l’Arctique était essentielle pour comprendre le Canada. Alors que le Nord a attiré l’intérêt par intermittence, avant de s’inscrire pour de bon dans le programme d’action publique et politique, la Société a toujours été fidèle à la région, dans ses programmes et sa revue, pendant 80 ans. En mai 1930, le premier numéro du Canadian Geographical Journal, comme s’appelait la revue à l’époque, présentait des dessins et des tableaux de paysages et de gens de l’archipel Arctique réalisés par Frederick Banting, codécouvreur de l’insuline, et du peintre A. Y. Jackson, du Groupe des sept. Cet article a imprimé un mouvement qui allait accorder une place de choix aux enjeux de l’Arctique pour la Société.

Le travail de la Société dans le Canada du Nord a été inauguré sous la tutelle de Camsell. Ce « fils du Nord », comme il se désignait lui‑même, est né à Fort Liard, dans les Territoires du Nord‑Ouest, en 1876, fils d’un commandant de postes de traite de la Compagnie de la Baie d’Hudson. L’Arctique était dans son sang. Géologue visionnaire et cartographe, Camsell a été le géologue de la Commission géologique du Canada responsable de l’exploration et était investi de la gigantesque mission d’explorer de vastes étendues de territoires nordiques, représentant 1,4 million de kilomètres carrés, ou environ le quart du pays. Il a été un des premiers à promouvoir l’avion pour faire les levés topographiques de l’Arctique et, au cours de sa vie, a parcouru de nombreux secteurs, qui demeurent encore à explorer et à cartographier.

Esquisse de Frederick Banting représentant A. Y. Jackson (Canadian Geographical Journal, mai 1930)
Camsell, qui est décédé en 1958, a été le premier d’une longue lignée de membres de la Société à l’avant‑garde de l’exploration géographique de l’Arctique. Moïra Dunbar (1918‑1999) a aussi été une pionnière à bien des égards. Elle a été une des premières femmes à survoler le pôle Nord et a été la première femme à diriger des observations scientifiques dans des brise‑glaces canadiens, et elle demeure la seule femme à avoir été lauréate de la prestigieuse Médaille Massey,

de la Société, décernée chaque année pour souligner des réalisations exceptionnelles dans le domaine de l’exploration, du développement ou de la description de la géographie du Canada. En 1947, Dunbar a abandonné une carrière prometteuse comme artiste dramatique à Londres, en Angleterre, pour venir au Canada. Elle a été nommée au conseil d’administration de la recherche de la Défense canadienne en 1952 pour étudier la géographie de l’Arctique et les glaces marines, œuvrant pour la normalisation de la terminologie des glaces et faisant d’importantes découvertes sur la climatologie de la distribution des glaces. Comme le mentionne le témoignage pour sa Médaille Massey : « Quiconque a l’intention de se lancer dans le domaine des transports du Nord ne risque pas d’aller bien loin sans prendre appui sur sa recherche. »



Keith Greenaway et Moïra Dunbar (HAUT, 1956) et Eddy Carmack (BAS) , spécialiste de l’océan Arctique, ont été lauréats de la Médaille Massey pour la recherche dans le Nord
Photos : Dougal Dunbar (HAUT) et Deddeda Stemler (BAS)
D’autres lauréats de la Médaille Massey ont apporté une contribution inestimable à notre connaissance de l’Arctique. En 1959, la Société a décerné la première médaille à Henry Larsen (1899-1964), le grand navigateur canadien, qui a dirigé le patrouilleur St. Rock de la GRC dans la première traversée d’ouest en est du passage du Nord‑Ouest, aidant le Canada à établir sa souveraineté dans l’Arctique.

Dans les années 1980, Richard Harington, lauréat de la Médaille Massey de 1987, a dirigé les travaux sur les changements climatiques au cours des 20 000 dernières années, au moment où le réchauffement planétaire commençait à devenir un enjeu de l’environnement. L’archéologue Robert McGhee, lauréat du prix en 2000, a été à l’avant‑garde de la recherche sur l’évolution des cultures inuites. Un des experts les plus respectés du monde pour l’océan Arctique est Eddy Carmack, lauréat de la médaille de 2007. Tout comme la Société, Carmack s’attache à rendre accessibles la science et la géographie et, comme participant volontaire aux expéditions de Students on Ice dans l’Arctique et l’Antarctique, il a initié les adolescents aux complexités des courants océaniques. Pour l’Année polaire internationale, il a entrepris l’étude la plus ambitieuse de l’histoire sur les océans du Canada (Canadian Geographic, juillet‑août 2007).

L’expédition du mont Logan est l’une des plus grandes réalisations de la Société dans le Nord. Pour célébrer le 125e anniversaire du Canada en 1992, la Société a parrainé l’ascension de la plus haute montagne du Canada en vue d’en établir la hauteur précise. Jusque‑là, il n’existait pas de mesure exacte du massif se trouvant dans le Sud‑Ouest du Yukon. « La hauteur exacte de la plus haute montagne de leur pays  était quelque chose que les Canadiens tenaient à connaître », comme le mentionne le chef d’expédition Michael Schmidt dans un article du Canadian Geographic sur l’expédition (sept.‑oct. 1992). En arrivant au sommet, l’équipe a eu recours à la technologie du système de positionnement global (relativement nouvelle à l’époque) pour calculer la hauteur du mont Logan, soit 5 959 mètres. Au moment où son drapeau flotte vigoureusement au sommet, la Société a littéralement établi sa marque dans le Nord du Canada.

Cette photo, prise au début des années 1950, est présentée dans l’exposition photographique « Accessible Arctic » (Photo : Richard Harrington)

Comme le Nord joue de plus en plus un rôle environnemental et économique de premier plan au Canada, dans une perspective d’avenir, la Société s’attache à promouvoir l’importance de la géographie comme facteur permettant de comprendre les enjeux de l’heure dans la région, tels que les changements climatiques, la souveraineté de l’Arctique et l’exploitation des ressources. Pour son 80e anniversaire, la Société, de concert avec le Musée canadien de la nature, a inauguré une exposition photographique itinérante sur l’Arctique canadien, qui s’est ouverte en juin à Londres, en Angleterre. Il s’agit d’une rétrospective de certaines des plus belles représentations de paysages, de la faune et de personnes du Nord qui ont fait l’objet d’articles dans le Canadian Geographic au cours des huit dernières décennies. En s’inspirant de son but, qui est de mieux faire connaître le Canada aux Canadiens et au monde entier, la Société braque sur l’Arctique les feux de l’actualité à l’échelle mondiale avec cette exposition photographique.

Mary Vincent est écrivaine à Ottawa. Wendy Simpson-Lewis est l’historienne de la Société.


« Les élèves adorent participer au Grand défi en géographie, et chaque année ils apprennent de nouvelles choses. Merci d’avoir créé cet excellent outil de motivation pour la géographie. »

— W.R. Best Memorial Public School, Shanty Bay (Ont.)
© 2017 La Société géographique royale du Canada CARTE DU SITE  |   RÉTROACTION  |   PROTECTION DES RENSEIGNEMENTS  |   MODALITÉS D'UTILISATION  |   ENGLISH